Quelle est la langue de la Norvège ? Norvégien, bokmål et nynorsk

La langue de la Norvège est le norvégien, une langue germanique issue historiquement du vieux norrois. Mais cette réponse mérite une précision : le pays possède deux formes écrites officielles, le bokmål et le nynorsk, tandis que la conversation quotidienne repose largement sur des dialectes locaux. Cette distinction est utile pour voyager, étudier ou comprendre la culture norvégienne.
Norvégien, bokmål, nynorsk : la réponse claire en trois niveaux
Le norvégien est la langue nationale et officielle de la Norvège. Le bokmål et le nynorsk ne sont pas deux langues étrangères l’une à l’autre : ce sont deux normes écrites officielles du norvégien. Elles sont utilisées à l’école, dans l’administration, les médias et les communications publiques.

À l’oral, la situation est plus diverse. Beaucoup de Norvégiens parlent d’abord leur propre dialecte, parfois très marqué selon la ville, la vallée ou la région. Un habitant de Bergen, d’Oslo ou du Nord de la Norvège peut donc s’exprimer différemment, tout en écrivant en bokmål ou en nynorsk selon son choix, celui de sa commune ou de son établissement scolaire.
| Terme | Ce qu’il désigne | Usage principal |
|---|---|---|
| Norvégien | La langue scandinave parlée en Norvège | Terme général pour la langue du pays |
| Bokmål | Une norme écrite du norvégien | La plus répandue, surtout dans le Sud et l’Est |
| Nynorsk | Une autre norme écrite du norvégien | Davantage présent dans l’Ouest et certaines zones rurales du Nord |
| Dialectes | Les variétés orales régionales | Vie quotidienne, famille, travail et échanges locaux |
Pourquoi deux formes écrites coexistent-elles ?
Le poids de l’héritage danois
Cette dualité s’explique par l’histoire politique et culturelle du pays. Pendant la période d’union avec le Danemark, le danois occupait une place centrale dans l’écrit et l’administration. Après l’affirmation nationale norvégienne, une première tradition écrite s’est progressivement adaptée aux usages locaux. Elle est liée au dano-norvégien et au riksmål, dont le bokmål est l’héritier.
Le projet d’une écriture fondée sur les parlers norvégiens
Au XIXe siècle, le linguiste Ivar Aasen a parcouru les dialectes pour construire une norme moins dépendante de l’héritage danois. Son landsmål, ou « langue des campagnes », est devenu le nynorsk, littéralement « néo-norvégien ». L’objectif n’était pas de créer une langue artificielle, mais de donner une forme écrite commune à des traits présents dans les parlers du pays.
Le bokmål signifie littéralement « langue des livres ». Il est aujourd’hui utilisé par la grande majorité de la population : les estimations disponibles le situent entre 85 % et 90 % des usages. Cette domination ne retire pas au nynorsk son statut officiel. Les deux normes sont égales sur le plan institutionnel, même si leur présence sociale et géographique diffère.
Bokmål ou nynorsk : où les rencontre-t-on et comment les reconnaître ?
Le bokmål est particulièrement courant dans les zones urbaines du Sud et de l’Est, notamment à Oslo. Le nynorsk reste davantage implanté sur la côte occidentale, dans des zones montagneuses et dans certaines communes rurales du Nord. Cette répartition fournit un repère utile, mais elle ne forme pas une frontière nette : une même région peut accueillir les deux normes, et chaque personne peut avoir son propre parcours linguistique.
Le meilleur repère est la différence entre l’écrit institutionnel et la parole locale. Dans une gare, un journal ou un document administratif, vous verrez une norme écrite. Dans un café, vous entendrez souvent un dialecte qui ne reproduit exactement ni le bokmål ni le nynorsk. Cette distinction évite de prendre une prononciation régionale pour une « troisième langue » et aide à comprendre pourquoi l’oral ne correspond pas toujours au manuel.
Des différences visibles, mais une même langue
Les écarts concernent l’orthographe, certains mots, les terminaisons et plusieurs choix grammaticaux. Par exemple, « je » s’écrit généralement jeg en bokmål et eg en nynorsk. Pour « ne pas », on rencontre souvent ikke en bokmål et ikkje en nynorsk. Ces différences peuvent surprendre au début, mais elles restent comparables à deux standards écrits proches au sein d’un même espace linguistique.
Pour apprendre le norvégien, le bokmål est le choix le plus pratique pour un débutant qui vise Oslo, les études ou les ressources pédagogiques les plus accessibles. Choisir le nynorsk a du sens si l’on vit dans une région où il est très présent, si son école l’utilise ou si l’on souhaite découvrir cette tradition écrite. Dans les deux cas, écouter des dialectes reste indispensable pour comprendre le norvégien réellement parlé.
Le norvégien face au suédois, au danois et à l’anglais
Le norvégien appartient aux langues scandinaves et demeure proche du suédois et du danois. Cette parenté facilite une certaine intercompréhension, notamment à l’écrit avec le danois et dans les échanges avec le suédois. Elle n’efface pas les difficultés : la prononciation danoise, les accents régionaux et le vocabulaire propre à chaque pays peuvent compliquer une conversation spontanée.
Pour un visiteur francophone, l’anglais est une solution très fiable. Il est largement pratiqué, surtout dans les villes, les hôtels, les musées, les transports et les lieux touristiques. Il est donc généralement possible de se faire comprendre sans parler norvégien. Apprendre quelques formules reste une attention appréciée :
- Hei : bonjour ;
- Takk : merci ;
- Unnskyld : excusez-moi ;
- Snakker du engelsk? : parlez-vous anglais ?
Dans les zones moins touristiques, l’anglais demeure souvent utile, mais parler lentement et utiliser une formulation simple facilite l’échange. Ne vous étonnez pas non plus si deux Norvégiens modifient légèrement leur façon de parler lorsqu’ils viennent de régions différentes : les dialectes font partie de l’identité linguistique nationale.
Les langues sames et les autres minorités linguistiques
La diversité des langues en Norvège ne se limite pas au norvégien. Les langues sames sont liées aux populations autochtones du Sápmi, territoire culturel qui couvre notamment le Nord de la Norvège. Elles occupent une place importante dans certaines zones, particulièrement en Finnmark, et bénéficient d’une reconnaissance spécifique. Environ 80 000 Sames sont mentionnés dans les estimations disponibles, sans que tous parlent nécessairement une langue same.
D’autres communautés participent aussi à la diversité linguistique du pays : les Kvènes, associés à une tradition finnoise et kvène, les Skogfinn, les locuteurs du romani et du yiddish, entre autres. Cette pluralité montre que la langue de la Norvège est à la fois un cadre national commun et un ensemble d’histoires régionales, autochtones et minoritaires.
En pratique, retenez ceci : apprenez le bokmål si vous cherchez la norme la plus répandue, découvrez le nynorsk pour mieux comprendre la diversité écrite du pays et préparez-vous surtout à entendre des dialectes variés. Cette coexistence explique la singularité du norvégien et permet de mieux comprendre la façon dont la langue est utilisée en Norvège.